22.11.08
La révolution Asexuelle

" Dans une société où nous sommes censés ne penser qu'à ça, qui fait vraiment l'amour ? Pas ces jeunes gens qui restent vierges jusqu'à leur mariage. Pas ces asexuels ou ces non-libidoïstes qui refusent toute référence à la sexualité. Moins encore ces êtres à qui leur religion interdit de nourrir la pensée de la concupiscence. Mais le font-ils davantage, ces célibataires qui rêvent d'accéder au corps de l'autre ? Prennent-ils leur pied, ceux qui voient leur partenaire se refuser à eux ? Jouissent-ils, ces internautes qui virtualisent la rencontre à travers un écran ? Connaissent-ils de grands émois, ceux qui redoutent d'être défaillants et s'empêchent de le vérifier ? J'ai recueilli les témoignages de ceux qui, par choix ou par contrainte, ne font pas l'amour. Je les ai recoupés avec les réflexions des spécialistes de la sexualité. De cette enquête, il résulte que les Occidentaux ne se sentent plus coupables de ne pas le faire. Ces expériences singulières nous invitent alors à méditer sur la place du plaisir dans nos existences, au-delà de la réclame qui en est faite. "
Mon avis :
Décrié par certains sur AVEN principalement parce que la définition du livre ne correspond pas stricto senso à celle du forum, à savoir : « asexuel : personne qui n’a pas de désirs sexuels pour autrui », et au but recherché par AVEN que la définition d’asexuel ne corresponde qu’à « nous ». Il n’empêche qu’au point de vue étymologique et grammatical, la définition de Jean-Philippe de Tonnac est la bonne, puisqu’il utilise le « a » privatif ! Définition que j’utilisais personnellement, bien avant la création d’AVEN : J’avais tenté de faire comprendre ce point de vue étymologique sur ce forum, mais aussi de défendre le fait que l’union fait la force, et que peu importe la raison de « notre absence de sexualité » , le but étant de nous faire entendre en tant que « non pratiquants » ! Pourtant, cette polémique n’a pas vraiment lieue d’être, puisque, page 15 (et sachant qu‘il débute à la page 11 !!!!), Jean-Philippe de Tonnac est on ne peut plus clair : « les asexuels s’organisant comme quatrième sexualité (celle qui ne l’a fait pas) et sur la toile, prennent enfin la parole » en citant AVEN. Ce livre est très intéressant car il parle de toutes les formes d’absence de sexualité, que ce soit par abstinence, asexualité « normes AVEN », ou autres ! Il est cependant regrettable que Jean-Philippe de Tonnac n’ait pas trouvé les témoignages nécessaires pour étoffer son chapitre sur « nous » (entre autre l’un des témoins vivait une période de « no sex » temporaire, puisque, aujourd’hui, il a reprit une vie sexuelle). Mais il avait découvert le forum avec l’article du monde 2, époque où AVEN francophone était encore à ses débuts (c’est le même article qui m’a amené à le découvrir) et où il était écrit : « (…) mais comment trouver des asexuels ailleurs que sur AVEN ? Notamment en France ? « notre site chez vous est très récent, explique David Jay, et vraiment, non, je n’ai pas de contact à vous conseiller.» Le site français, en effet, paraît peu actif et les débats inexistants. » !!! Soyons lucides, notre forum n’a pris de la vie que quelques mois après ! Pas au moment ou Jean-Philippe de Tonnac faisait son enquête. Aurait-il eu plus de réactions s’il avait posté directement sur le forum ? Si j’en juge par la frilosité des membres pour répondre, à peine quelques mois plus tard, à agnes giard , j’ai des doutes ! Aurais-je moi-même osé participer aussi vite ? Je l’ignore (sauf si j’avais vu le visage avenant de l’enquêteur !) Autre sujet de polémique sur le forum : le sous-titre « …. » que l’on continue à attribuer à Jean-Philippe de Tonnac ! Je répète donc, une fois de plus, en espérant qu’enfin ce sera clair pour tous les Avenistes, que le sous-titre n’est PAS de l’auteur mais de l’éditeur ! Et je tiens cela de l’auteur lui-même, car j’ai eu la chance de le rencontrer lors de mon dernier passage à Paris. Je regrette qu’à ce moment là, je n’avais pas encore eu l’occasion de trouver son livre ! Jean-Philippe de Tonnac est un homme ouvert, très agréable, et je regrette de n’avoir pas pu bavarder plus longtemps avec lui, à cause d’emplois du temps trop chargés (le sien comme le mien) Un livre passionnant !
« Je suis asexuel, avec le A privatif »
13.10.08
Le secret de la longévité pour une Britannique de 105 ans: le célibat
LONDRES (AFP) - Une Britannique qui a fêté ses 105 ans cette semaine a attribué sa longévité à son célibat, imaginant que les relations sexuelles impliquaient avant tout "beaucoup d'embêtements".
"Les gens me demandent si je suis homosexuelle et je réponds que non", a expliqué à la presse Clara Meadmore, qui a fêté son anniversaire à la maison de retraite de Perran Bay, dans le sud-ouest de l'Angleterre, en s'autorisant un peu de vin.
"Je n'ai simplement jamais été intéressée par le sexe", a-t-elle expliqué. "J'imagine que ça implique beaucoup d'embêtements et j'ai toujours été occupée par d'autres choses".
Née en Ecosse en 1903, Mme Meadmore a vécu au Canada et en Nouvelle-Zélande avant de rentrer vivre en Grande-Bretagne dans les années 20, où elle a travaillé comme secrétaire notamment.
Elle a servi sous les couleurs britanniques en Egypte pendant la Seconde Guerre mondiale, et coule une retraite paisible avec ses chats depuis 40 ans en Cornouailles.
12.01.08
Article publié dans LE SOIR du 15/09/2006

Vous trouverez sur le blog de Rafal Naczyk (sur la photo ci-contre) l'article sur les asexuels qu'il avait écrit pour le journal belge "Le Soir" et auquel j'avais participé.
J'avais suivi son conseil, de ne pas le mettre sur le forum de l'AVEN pour cause de droits d'auteurs.
L'article est lisible ici : Les asexuels font leur coming out : libido no, libidodo
15.11.06
TSR1
Mercredi 15 novembre, à 20:20, dans Scène de Ménage
Dossier sur l'asexualité
Vous pourrez y accéder par Internet dès demain jeudi 16 novembre sur
http://www.scenesdemenage.ch
ou
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=349300
21.10.06
Interview (1 ère partie)
Voici, en plusieurs parties, l'échange de courriels au sujet de ma première interview, en tant qu'Aveniste (membre de l'AVEN) avec une journaliste. A la publication, plusieurs choses n'ont pas été dites, ce qui est fort regrettable parfois (A noter que j'étais un petit nouveau sur le forum, pas encore modérateur)
Agnes : Depuis quand êtes-vous asexuel ? C'est venu comment ?
Gianni : Je l’ai toujours été. Je n’ai jamais été réellement troublé sexuellement. Je suis AA, c’est à dire sans orientation sexuelle, puisque vous aussi avez les A-hétéro, les A- bi ou les A-homo
Agnes : Quand et comment avez-vous découvert que vous étiez asexuel ?
Gianni : Dès mon adolescence. Aucun désir sexuel, pas envie d’en savoir plus sur la sexualité. J’aurais envie de dire, une indifférence totale. Pas un rejet, non, simplement l’indifférence, comme n’importe quel autre sujet restera indifférent pour certains, une passion pour d’autres ! Allez dire a un passionné de foot que cela vous laisse de marbre : c’est la même chose !
Mais, pour en être certain, j’ai quand même eu quelques expériences. Plus mécaniques qu’autre chose, même si j’espérais trouver du plaisir. " Bof ! C’est cela l’orgasme, ce plaisir si infime ? C’est cela qui fait courir le monde ? Conclusion : je ne ressens pas ce plaisir là " Et puis, lorsque vous vous endormez pendant que vous faites l’amour, vous ne vous posez plus la question de savoir si vous éprouvez quelque chose ou non !
Le problème est que le sexe tient une place trop importante dans la société, et que tant que la notion d’asexualité ne sera pas " admise ", nous resterons une sorte d’extraterrestres, des handicapés… Quelqu’un qui n’est pas gourmand, on trouve cela normal, alors pourquoi n’est-ce pas la même chose pour l’asexuel ?
Agnes : Avant de découvrir la notion d'asexualité, comment vous définissiez-vous ?
Gianni : Dès le début, avant même que l’on en parle, je me disais " asexuel, avec le ‘A’ privatif " pour bien définir les choses. Ce n’est que fin juillet 2005 que j’ai découvert que je n’étais pas seul à utiliser ce mot ! Je pense que j’ai dû l’utiliser vers mes 15 ou 16 ans.
Agnes : Pour vous, l'asexualité, c'est quoi ?
Gianni : L’absence de désir sexuel, voire de plaisir.
Agnes : Pour la majorité des gens qui ne connaissent pas cette notion, l'asexualité c'est quoi ?
Gianni : Un handicap, une " maladie honteuse ", un problème psychologique, ou l’héritage judéo-chrétien (ce à quoi je réponds que si c’était le cas, je me serais marié à 18 ans, fait l’amour à unique but de procréation, et que mon épouse aurait eu une grossesse par an, deux les bonnes années)
Agnes : De quelles reflexions avez-vous souffert concernant votre vie sexuelle ?
Gianni : J’ai la chance d’avoir un cercle d’amis et de proches qui ne posent pas de questions indiscrètes. Ayant de nombreuses amies, la majorité en conclue que ce sont plus que des amies…
Sinon, la réflexion la plus courante était " tu es gay, mais tu l’ignores ! " Et les réflexions du genre d’aller voir un psy, un sexologue, etc.
La pitié fait mal également !
Agnes : Quel est votre parcours psychologique par rapport à l'asexualité ? Etes-vous allé voir un médecin en pensant que vous n'étiez pas "normal" ? Qu'est-ce que le médecin vous a dit ?
Gianni : Mon médecin s’en est douté de lui-même, il y a de cela 15 ans. Pour lui c’était normal, son propre fils étant A.
Mais nous n’en avons jamais parlé. Je n’ai pas éprouvé le désir de consulter, car je n’en ai jamais souffert. J’ai un peu étudié la psychologie, et, comme je le fais sur le forum, je me suis posé de nombreuses questions pour essayer de trouver une raison, une origine. Rejet de la société, par opposition à quelqu’un, ou par impossibilité de " me laisser aller " le besoin de me contrôler ", mais rien ! simplement l’absence totale de désir, de plaisir.
Agnes : Quel est votre parcours sentimental ? Avez-vous vécu une relation amoureuse avec une "sexuelle" ? Comment ça s'est passé ?
Gianni : J’ai vécu deux histoires d’amour avec des sexuelles. Je me suis forcé à entretenir une vie sexuelle (pas trop active), mais l’unique plaisir que je ressentais était de pouvoir " donner ", pas recevoir. Dans les deux cas, ce n’est pas l’asexualité qui nous a séparé, mais des circonstances de la vie. Les deux sont restées très proches de moi.
Par contre, je ne suis pas certain de pouvoir recommencer… Le " devoir conjugal " devenant " la corvée conjugale "
Agnes : Comment faire pour gérer une relation amoureuse sans sexe ? Quelles sont les solutions ?
Gianni : Trouver une personne asexuelle ou à faible libido (selon l’orientation sexuelle – s’il y a) Si vous parcourez le forum, vous pourrez voir que l’asexualité est ressentie très différemment : vous avez des asexuels qui refusent tout contact physique, d’autres qui aiment " le sexe sans pénétration ". Dans le second cas, il y a toutes sortes de jeux pouvant se faire sans pénétration…
Agnes : Que pensez-vous de l'expression "no sex, no problem" ?
Gianni : Tant que l’absence de sexualité n’est pas un problème psychologique personnel, je suis plutôt d’accord avec cette expression ! Je connais trop de personnes ayant une vie sexuelle peu harmonieuse, ou leur ayant crée des problèmes, justement ! Mauvais(e) partenaire, ou trop longue abstinence pesante : le caractère peut changer : agressivité, mauvaise humeur, dépression… Mariage " forcé " Maladies vénériennes, etc
Mais comme dit, cette expression dépend uniquement de la personne ! On peut dire que la réciproque est vrai, car il est difficile de former un couple lorsque vous êtes asexuel ! Pour le moment, du moins. Une fois que la notion d’asexualité sera mieux comprise, ce sera peut être plus simple de trouver l’âme sœur !
Interview (2e partie)
Voici, en plusieurs parties, l'échange de courriels au sujet de ma première interview, en tant qu'Aveniste (membre de l'AVEN) avec une journaliste. A la publication, plusieurs choses n'ont pas été dites, ce qui est fort regrettable parfois (A noter que j'étais un petit nouveau sur le forum, pas encore modérateur)
Agnès : Serait-il possible de donner plus de précisions sur les points suivants ? Je ne veux pas être indiscrète, mais il y a des choses qui sont vraiment surprenantes et en vous lisant, on a envie de mieux comprendre…
"Quand et comment avez-vous découvert que vous étiez asexuel ? Dès mon adolescence. Vous avez un souvenir précis ? A quel âge avez-vous eu une expérience précise de prise de conscience ? Une phrase prononcée par un camarade de classe qui vous aurait fait sentir "différent" ?"
Gianni : Difficile de répondre… Je me souviens d’une totale indifférence lorsque mon père, puis le collège m’ont fait l’éducation sexuelle. Sans être vraiment étonné des réactions de mes camarades, je m’amusais de leur réactions d’entendre le mot " sexe " ou devant la projection de films d’illustrations. Vers 14 ans, je pensais que cela viendrait plus tard, mais j’étais conscient de cette différence, de ne pas être attiré sexuellement par les autres, filles ou garçons. Il y avait masturbation, certes, mais sans pensées particulières, et sans plaisir. Juste un besoin de " vider " le trop plein ! (comme se moucher, si vous voulez !). C’est plus ou moins vers cet âge que j’ai entendu mon père parler (avec un ami) que l’éveil sexuel pouvait se faire tardivement. Donc, tout en me définissant comme asexuel vers 15-16 ans, je n’écartais pas l’idée d’un réveil tardif, ou une fois que j’aurais goûté au fruit. Mais aucun réveil à ce jour…
Agnes : Vous vous êtes endormis en faisant l'amour ? C'est vraiment arrivé ? L'histoire est plutôt rigolote. ce serait possible de savoir à quel âge, avec qui, comment a régi votre partenaire ?
Gianni : A 31 ans. C’était après une rude journée de… tourisme. Je pense que nous étions aussi crevé l’un que l’autre car elle a avoué s’être endormie presque aussi vite ! Nous en avons pris le parti d’en rire, car c’est franchement cocasse ! Sur le moment, elle avait cru que je la faisais marcher. Elle a été très compréhensive, peut-être un peu frustrée aussi, mais tellement fatiguée qu’elle a suivi mon exemple.
Agnes : Vous vous masturbez ? Eprouvez-vous du plaisir avec votre corps ?
Je pense qu'il est important de spécifier dans l'interview que l'asexualité n'a rien à voir avec l'impuissance ou la frigidité… Ce serait bien que vous l'expliquiez en parlant de vos expériences…
Gianni : Je me masturbe assez souvent, mais comme je le disais plus haut, le but est de " vider les liquides " ou éventuellement pour combattre une tension quelconque. Je ne puis parler véritablement de plaisir, tant il est insignifiant ! " soulagement " ? J’ai eu une image cette nuit, c’est un peu comme lorsque vous avez une grosse crise de foie, et que pour la calmer vous vous faites vomir ! On ne peut parler de plaisir, mais quel soulagement après. C’est analogue, mais quand même plus agréable que de vomir !
Sinon, oui il peut y avoir du plaisir dans le toucher, les caresses… J’ai envie de parler de " plaisir sans orgasme ". Le contact épidermique à lui seul peut procurer beaucoup. Cependant, je dois dire n’éprouver aucune sensation si l’on me touche le sexe, sauf en ce qui concerne la fellation : C’est horriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiible ! (ce qui fait bondir mes copains, m’accusant de mentir !)
Agnes : Vous avez d'autres exemples de petites phrases d'incompréhension ou de pitié ? ou des conseils qu'on vous donne ? Les réactions les plus courantes qui montrent à quel point lers gens ont du mal à comprendre l'asexualité ?
Gianni : Regardez sur le forum, dans " toute votre asexualité " (peut-être en seconde page à présent) Evguenia avait posé un sujet " ces phrases que l’on vous a dites " ou qq chose dans le genre. Vous aurez plusieurs points de vue, tant masculin que féminin.
Pour le moment, je n’ai pas d’autres phrases en tête, mais je vous le donnerai si elles me reviennent par la suite. Ah ! " tu n’as pas encore trouvé la bonne partenaire ! tu verras lorsque tu seras amoureux…
Beaucoup imaginent que je mens, que je les fais marcher…
Mais probablement la pitié et " cela existe ? " sont les choses les plus fréquentes.
En fait, je parle rarement de mon cas. Je tâte le terrain avant. Et le plus souvent, c’est finalement l’indifférence. " Ah ? cela existe ? Temporaire ou permanent ? Pas drôle pour eux ou leurs partenaires ! " et on détourne la conversation !
Agnes : Vous utilisez l'expression "passser à la casserole" sur le forum. Vous pouvez expliquer en quoi le fait d'essayer de faire plaisir à votre partenaire vous a paru proche de l'idée de passer à la casserole ?
Gianni : Je dirai qu’au début, tout va bien, car après une période sans sexe, je peux avoir une " vie sexuelle " pour son bien. Mais rapidement, cela devient fastidieux, trop fréquent. Une sorte de perte de temps. " Encore ? " C’est véritablement me forcer. Je ne parlerai pas de dégoût, juste d’ennui ! " encore ! mais pourquoi n’est elle pas A ou frigide ? "
Essayez de transposer : imaginez une activité que vous n’aimez pas particulièrement, mais qui pratiquée de temps à autre ne vous ennuie pas, mais qui le deviendrait si vous deviez la faire plus souvent. C’est la même chose, seulement que nous parlons de sexe, et donc que sexe = fastidieux n’est pas entré dans les mœurs !
J’ai oublié une chose hier, au sujet de vivre une relation sans sexe. Si vous êtes assez tolérante, vous pouvez accepter de voir l’autre avoir des aventures, avec tous les risques que cela comporte. Mais à priori, personne du forum n’est prêt à cela. Je sais que je l’aurais accepté de ma première amie, pas de la seconde… Si, mais de manière douloureuse…
Interview (3e partie)
Voici, en plusieurs parties, l'échange de courriels au sujet de ma première interview, en tant qu'Aveniste (membre de l'AVEN) avec une journaliste. A la publication, plusieurs choses n'ont pas été dites, ce qui est fort regrettable parfois (A noter que j'étais un petit nouveau sur le forum, pas encore modérateur)
Agnès : je m'intéresse à l'apparition du phénomène estampillé "asexuel" et ce serait intéressant de savoir pourquoi les asexuels, qui ont toujours existé, éprouvent depuis quelques années le besoin de se faire reconnaitre et de se regrouper en communauté.
Gianni : Pour ce qui est de ce besoin de se regrouper et de se faire reconnaître, je pense que c'est avant toute chose avoir enfin la possibilité de dire que nous ne sommes pas anormaux, que nous ne sommes pas seuls ! Pour beaucoup (lorsque vous lisez les présentations) ce fut un soulagement, une révélation de savoir qu'ils n'étaient pas seuls. Je pense que ce besoin vient aussi du fait que la société axe de plus en plus le côté sexuel, avant (quand même plusieurs années) l'aspect sexuel était moins marqué, il y avait aussi une certaine "pudeur" ! Aujourd'hui, la JF qui est vierge en a honte car les copines se moquent.. Il y a une sorte d'obligation à la sexualité. En parlant avec les autres Avenistes, j'ai remarqué être probablement un des privilégiés, n'ayant pas à me justifier de mon célibat, de mes longues périodes sans amie ! On ne me pose pas de questions ! Par contre, ce n'est pas le cas de tous !
Le forum nous permet de nous comparer également, de trouver des réponses à divers questions, tant que sur l'origine, que le vécu, ou encore les "astuces" pour ne pas parler ouvertement de notre asexualité lorsque nous savons que les personnes vont se moquer.
En lisant les différents commentaires, j'ai pu remarquer une grande détresse chez beaucoup. car ils se croyaient seuls, anormaux. De venir sur le forum, on peut constater chez certain une nette amélioration au bout de quelques temps. C'est aussi pour cela qu'ils viennent. Et repartent pour certains, probablement ayant eu les réponses qu'ils cherchaient. Certes, il y a différentes approches, certains sont très militants, d'autres n'ont pas vraiment le besoin de s'affirmer, juste de participer, d'aider les autres à se comprendre et s'accepter. Certains voudraient organiser une A-pride, mais ils sont minoritaires pour le moment. C'est aussi pour cela qu'il n'est pas facile pour les médias télévisées d'avoir des témoins !
Des amitiés se font hors forum. Dans presque tous les cas me concernant, excepté quelques précisions ou conseils que nous ne voulons pas donner sur le forum (une réponse plus personnelle, par exemple), nous bavardons de beaucoup de choses, n'ayant pas de rapport avec la sexualité ou l'asexualité. Comme le disait une Aveniste le sur le forum "quel plaisir de pouvoir bavarder sans que le sexe entre dans la conversation."
Je tiens justement à préciser que les asexuels (pas tous) peuvent très bien avoir des blagues ou des allusions sur le sexe. Asexuel ne signifie pas être pudibond, comme le pensent certains ! certes, il y a des asexuels qui détestent ce genre de blagues/conversations, mais ce n'est pas spécifique aux asexuels !
Une autre précision m'est revenue. En lisant plusieurs témoignages masculins asexuels sur le forum, il semble que pour beaucoup le sexe soit indifférent, mais qu'ils l'aient pratiqué pour leurs partenaires. Je sais que, dans mon cas, ma courte vie sexuelle l'aurait été encore plus, si j'avais eu des amies avec une libido plus forte...
